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Fusion de deux associations : la procédure

La fusion associative peut permettre à deux structures de réunir leurs compétences, leurs équipes et leurs moyens autour d’un projet commun. Elle entraîne toutefois des conséquences juridiques, financières et humaines qui doivent être examinées…

Fusion de deux associations : la procédure

La fusion associative peut permettre à deux structures de réunir leurs compétences, leurs équipes et leurs moyens autour d’un projet commun. Elle entraîne toutefois des conséquences juridiques, financières et humaines qui doivent être examinées avant toute décision.


Le choix entre absorption et création d’une nouvelle association modifie les démarches et la continuité des activités. Pour avancer sans négliger les membres, les salariés ou les financeurs, chaque étape mérite une préparation documentée.


A retenir :


  • Diagnostic partagé des missions, ressources et risques financiers
  • Projet de fusion validé par les instances compétentes
  • Transfert de patrimoine préparé et engagements recensés
  • Information anticipée des membres, salariés et financeurs

Préparer la fusion de deux associations et choisir sa forme


Une fois les objectifs clarifiés, le premier travail consiste à vérifier si les deux organisations peuvent réellement fonctionner ensemble. Une fusion ne résout pas, à elle seule, des désaccords durables sur les valeurs, les publics ou la gouvernance.


Évaluer les besoins avant le projet de fusion


Le conseil d’administration peut lancer un diagnostic portant sur les activités, les finances, les contrats, les équipes et les obligations de chaque structure. Par exemple, deux associations locales d’aide alimentaire peuvent partager un entrepôt, mais devoir rapprocher leurs horaires, leurs partenariats et leurs règles de distribution.

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Cette analyse aide aussi à comparer la fusion avec des solutions moins engageantes, comme une mutualisation de locaux ou de services. Les responsables peuvent alors établir un calendrier réaliste et repérer les difficultés à traiter avant le vote des membres.


Points à examiner :


  • Compatibilité des missions et des valeurs associatives
  • État des comptes, dettes, biens et engagements contractuels
  • Organisation des équipes salariées et bénévoles
  • Conséquences possibles pour les bénéficiaires et partenaires

Comparer fusion-absorption et fusion-création


Le choix de la forme détermine notamment quelle association poursuit juridiquement son activité. En fusion-absorption, l’association absorbante demeure tandis que l’autre disparaît ; en fusion-création, les structures concernées donnent naissance à une nouvelle entité.


Forme Association qui subsiste Point d’attention
Fusion-absorption L’association absorbante Adaptation éventuelle de ses statuts associatifs
Fusion-création Une nouvelle association Organisation de la gouvernance et des activités
Mutualisation sans fusion Les associations existantes Définition des responsabilités dans les conventions
Dissolution suivie d’une reprise La structure bénéficiaire, sans fusion automatique Absence de continuité juridique propre à la fusion


Une dissolution ordinaire suivie d’une reprise d’activités n’équivaut pas à une fusion et ne garantit pas la reprise des subventions. Une fois la forme choisie, les associations doivent organiser sa validation et les formalités réglementaires.

Valider la fusion associative en assemblée générale


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Après le choix de la forme, la procédure repose sur des décisions régulières et une information compréhensible des adhérents. Le cadre de l’article 9 bis de la loi du 1er juillet 1901 organise les opérations de fusion entre associations concernées.


Rédiger le traité et consulter les instances


Le projet de fusion décrit les modalités de l’opération : patrimoine transmis, activités poursuivies, gouvernance envisagée et traitement des engagements. Les conseils d’administration étudient le document et peuvent le soumettre aux assemblées générales selon les règles applicables aux associations.


Les membres doivent disposer d’informations suffisantes pour comprendre ce qu’ils approuvent, notamment les modifications statutaires et les conséquences pour leur association. Les statuts associatifs et les textes applicables déterminent les conditions de convocation, de quorum et de vote.


Documents à préparer :


  • Projet détaillé et traité définitif de fusion
  • Comptes et inventaire des biens, créances et dettes
  • Projets de statuts et règles de gouvernance
  • Convocations, résolutions et procès-verbaux des assemblées

Accomplir la déclaration en préfecture et la publication officielle


Une fois les délibérations adoptées, les responsables effectuent les déclarations requises et déposent les modifications statutaires auprès de l’administration compétente. La publication officielle au Journal officiel des associations et fondations d’entreprise participe à la publicité de l’opération.


Selon la situation, des démarches complémentaires peuvent concerner les services fiscaux ou les autorités qui suivent une association reconnue d’utilité publique. Les délais et pièces à fournir doivent être vérifiés auprès des administrations concernées, car ils dépendent du dossier et de la forme retenue.

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Étape Action principale Vigilance
Préparation Diagnostic et rédaction du projet Recenser les engagements et leurs échéances
Décision interne Délibérations des instances et des membres Respecter les statuts et règles de convocation
Formalités Déclarations et dépôts nécessaires Vérifier les pièces auprès des autorités compétentes
Publicité Publication officielle de l’opération Contrôler la concordance des informations déclarées


La solidité des décisions internes facilite les démarches administratives, mais elle ne suffit pas à garantir la continuité de toutes les ressources. Il faut également organiser avec précision les transferts et les obligations en cours.

Sécuriser le transfert de patrimoine et la continuité des activités


Après l’approbation, l’enjeu devient concret : transférer les biens et organiser la poursuite des missions sans perdre de vue les personnes concernées. La transmission universelle du patrimoine attachée à la fusion doit être préparée à partir d’un inventaire précis.


Examiner les actifs, les contrats et les financements


L’inventaire recense notamment les équipements, la trésorerie, les dettes et les contrats, afin d’anticiper les responsabilités de l’association qui poursuit l’activité. Selon les règles applicables, certains biens ou engagements nécessitent une vérification particulière avant leur transfert.


Les subventions publiques ne sont pas automatiquement reconduites au bénéfice de la structure issue de l’opération : chaque financeur doit être consulté. Les dons et legs restent soumis à l’affectation prévue, tandis que les contrats de location ou de partenariat doivent être relus pour éviter les ruptures.


Vérifications prioritaires :


  • Accord des financeurs pour les subventions concernées
  • Respect de l’affectation des dons et legs
  • Relecture des baux, conventions et contrats fournisseurs
  • Évaluation des conséquences comptables et fiscales

Accompagner salariés, bénévoles et bénéficiaires


Lorsque les conditions prévues par l’article L. 1224-1 du Code du travail sont réunies, les contrats de travail sont transférés avec l’activité concernée. Les instances représentatives du personnel doivent également recevoir les informations requises lorsque l’association est concernée.


Selon le ministère du Travail, l’application de ces règles dépend de la situation réelle de l’activité transférée ; un examen spécialisé peut donc être nécessaire. Les responsables gagnent aussi à expliquer aux bénévoles et aux bénéficiaires ce qui change dans les interlocuteurs, les horaires ou les lieux d’accueil.


Enfin, les activités lucratives, les biens immobiliers ou les régimes fiscaux particuliers peuvent entraîner des conséquences différentes selon les associations. Un expert-comptable ou un conseil juridique peut vérifier le traitement comptable et fiscal avant l’adoption définitive du traité.

Source : Loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association, article 9 bis ; Code du travail, article L. 1224-1 ; Code pénal, article 121-1.